RICARDO GUINO Y BOIX / RICHARD GUINO (1890-1973)

MEDIAGRAPHIE

SOURCES ÉLECTRONIQUES

  • Ricard Guinó et Joaquim Claret : le destin de deux sculpteurs catalans en France face à la Grande Guerre
    Christina Rodriguez Samaniego
    Université de Nice-Sophia Antipolis, Cahiers de la Méditerranée n°82, 2011

    L’article compare l’itinéraire des deux sculpteurs d’origine catalane résidants en France, Joaquim Claret et Ricard Guinó. Tous deux développèrent des carrières parallèles jusqu’au déclenchement du conflit armé. Claret, alors en Catalogne, dut y rester pendant plus de cinq ans tandis que Guinó travaillait avec Auguste Renoir à Cagnes-sur-Mer, où ils menèrent à bonne fin une production sculptée conjointe.

    > Article consultable en ligne

  • Regard sur l’art et les artistes contemporains, 1889-1937
    Comte Harry Kessler
    Ursel Berger, Julia Drost, Alexandre Kostka, Antoinette Le Normand-Romain, Dominique Lobstein et Philippe Thiébaut (éd.) – Traduction de Jean Torrent
    Paris, Éd. de la Maison des sciences de l’homme, 2017

    Observateur attentif et passionné de la vie artistique de son temps, le comte Kessler décrit sa rencontre avec Guino à la date du 30 mai 1911. Le jeune sculpteur travaille alors pour Maillol à la création de la sculpture Le Printemps, dans son propre atelier de la rue Daguerre. Kessler mentionne avoir acheté deux œuvres à Guino, “un torse de femme modelé avec extrêmement d’ardeur et un petit relief en bois”. 
    À la date du 15 octobre 1911, Kessler évoque le moulage en plâtre de L’Été de Maillolqu’il photographie alors que Guino le retouche. Il rapporte des échanges au sujet du Printemps : l’œuvre paraît “fâcheusement maigre” et Maurice Denis remarque “qu’on ne retrouve pas le style de Maillol”…
    Les précieux témoignages de ce Journal,  édité en 2017 par l’historienne de l’art Ursel Berger, sont venus conforter les dires de Guino quant à son intense engagement dans la création des nus monumentaux du Cycle des saisons de Maillol.

    > Extraits consultables en ligne, voir 30 mai et 11 octobre 1911 ainsi que la photographie du plâtre de l’Été, avec Maurice Denis, Gaspard Maillol (neveu du sculpteur) et Richard Guino
  • Musée d’art moderne occidental
    Un projet de recherche notamment porté par le musée national des beaux-arts Pouchkine (Moscou) et le musée de l’Ermitage (Saint-Pétersbourg)

    Le site, très documenté, retrace l’histoire mouvementée du Musée d’art moderne occidental (1923-1948), créé puis dissous par la Russie soviétique à partir des exceptionnelles collections d’art moderne rassemblées par Serguei Chtchoukhine et Ivan Morozov. Ce dernier est le commanditaire du Cycle des saisons, quatre œuvres – Pomone, Flore, Le Printemps, L’Été – que Maillol a réalisées avec l’aide de Guino durant les années 1910-11, et dont la création est chroniquée par le comte Kessler, autre mécène à l’itinéraire passionnant (voir Bibliographie).
    À la faveur de cette collaboration, les collectionneurs Kessler et Morozov découvrent le sculpteur Guino, fraîchement arrivé à Paris, et acquièrent plusieurs de ses œuvres. Si l’on ignore ce que sont devenues les pièces de Kessler, dont la collection a été dispersée durant la deuxième guerre mondiale, on a redécouvert grâce à l’exposition Chtchoukhine, qui s’est tenue à Paris à la fondation Louis Vuitton en 2016, celles de Morozov : un Torse de femme en marbre et une Maternité en terre-cuite, aujourd’hui conservées l’une au musée Pouchkine de Moscou, l’autre au musée l’Ermitage de Saint-Petersbourg.

    > Pages consacrées à Guino sur le site du musée d’art occidental

  • Répertoire de la sculpture française aux États-Unis (1500-1960)
    Un projet de Laure de Margerie, financé par le Nasher Sculpture Center, l’Institut national d’histoire de l’art, le musée d’Orsay, le musée Rodin et l’École du Louvre

    Autre site d’une grande richesse documentaire, French Sculpture Census inventorie l’ensemble des sculptures françaises se trouvant dans les collections publiques états-uniennes, dont il révèle l’ampleur et la richesse. Sont représentées les œuvres d’artistes nés français ou bien ayant, comme Guino, acquis la nationalité française, ou encore qui ont, tels Picasso, travaillé durablement en France. De nombreuses œuvres de Renoir et Guino sont recensées (voir Créer la sculpture de Renoir ? ).

    > Œuvres de Renoir-Guino conservées dans les musées états-uniens

À suivre…

SOURCES AUDIO & VIDÉO

  • Sculpter par procuration ? Richard Guino et Auguste Renoir, une collaboration
    Conférence donnée par Emmanuelle Héran, conservateur du patrimoine et commissaire pour la sculpture de l’exposition “Renoir au XXe siècle”
    Paris, Auditorium du Grand Palais, 4 novembre 2009

    L’exposition “Renoir au XXe siècle”, présentée après Paris au Los Angeles County Musuem of Art et au Philadelphia Museum of Art, a permis de redécouvrir la dernière période de Renoir et les prolongements de son rayonnement et de son influence au XXe siècle. Les dernières œuvres du peintre et ses sculptures, dont celles créées par Guino, étaient mises en regard avec celles de leurs contemporains, Picasso, Matisse, Denis, Maillol ou Bonnard… fascinés par des recherches qui, entre tradition et innovation, peuplaient de baigneuses sensuelles une Arcadie intemporelle, à la source d’une modernité classique.
    Pour la première fois, une grande institution muséale française s’est attachée à présenter et analyser les sculptures issues de la collaboration Renoir-Guino. La conférence d’Emmanuelle Héran dévoile la genèse de cet œuvre sculpté et retrace le parcours de Guino, des recherches synthétisées dans l’essai que l’historienne de l’art a signé pour le catalogue, Renoir sculpteur ? (“Renoir au XXe siècle” p. 70, Paris, éd. RMN, sept. 2009).

    > Écouter la conférence sur le site du Grand Palais

  • Le jugement de Pâris, haut-relief d’Auguste Renoir et Richard Guino (1915)
    Interview d’Emmanuelle Héran

     

    Emmanuelle Héran, conservateur du patrimoine et commissaire pour la sculpture de l’exposition “Renoir au XXe siècle” (Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 2009), présente le haut-relief Le jugement de Pâris, dont le plâtre est conservé au musée d’Orsay. L’œuvre fut créée en vue d’orner le socle de Venus Victrix. Deux études sont conservées au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer (voir Collections Publiques) et la sculpture Petite Vénus debout au socle, dont une épreuve en bronze a été présentée lors de l’exposition, permet d’imaginer le projet auquel souhaitaient aboutir Renoir et Guino.

    > Petite Vénus debout au socle, dénommée Venus Victrix sur le site du Stanford University Museum (États-Unis)

FILMS

Lire la vidéo
  • Shadows – John Cassavetes, 1959
    Dans ce premier film de Cassavetes, une séquence au jardin de sculptures du MOMA (Museum of Modern Art de New-York) où apparaît “Eau” de Renoir-Guino (début et fin de la séquence), musique Charlie Mingus.
Richard Guino interviewé dans son atelier d'Antony en 1968
Richard Guino interviewé dans son atelier d'Antony en 1968
  • Auguste Renoir – Roland Bernard, 1968
    Film documentaire (60 mn), 
    émission “Les bonnes adresses du passé”
    Cinquante ans après la fin de sa collaboration avec Renoir, Guino est interviewé dans son atelier d’Antony. Le sculpteur évoque son travail avec le peintre aux Collettes, à Cagnes-sur-Mer.

Extrait :

– Comment avez-vous été amené à travailler avec Renoir ?
C’est par l’intermédiaire de Vollard.
– Ça se passait en quelle année ?
En 1913.
– Et quand vous êtes-vous installé à Cagnes ?
L’année d’après, l’hiver d’après, au mois de février peut-être, je ne me souviens plus, à peu près…
– Quelle était l’atmosphère des Collettes à l’époque ?
Ah une atmosphère splendide !
– C’était une vie de famille ?
Oui , il y avait beaucoup de bonheur. Renoir était très bon, très simple.
– Comment travailliez-vous avec Renoir ?
Il travaillait dans son atelier, au premier, et moi je travaillais dans le sous-sol. J’ai fait la grande Vénus, je l’ai faite dans le sous-sol. Pendant que lui faisait sa peinture, moi je faisais sa sculpture.
– Quelles étaient les instructions qu’il vous donnait ?
Renoir n’était pas sculpteur ! Évidemment il a manifesté des désirs… Dans le fond, le grand responsable de l’affaire c’est Vollard, c’est Vollard qui, à toute force, voulait que Renoir fasse de la sculpture.
– Est-ce qu’il était très exigeant ?
Oh non, du tout, du tout. D’ailleurs je comprenais très bien ce qu’il désirait, vous savez l’accord était parfait. C’est même extraordinaire n’est-ce pas que… Au moindre signe, je comprenais ce qu’il voulait.
– Une véritable collaboration ?
Ah exactement, oui.

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  • “Ceux de chez nous” – Sacha Guitry, 1915
    Film documentaire (50 mn)
    Alors que sévit la première guerre mondiale, Sacha Guitry réalise des images à la gloire de grandes personnalités du temps, telles Rodin, Monet, Degas, Anatole France et Sarah Bernhardt. Dans cet extrait, le cinéaste filme Renoir peignant, assisté de son fils Claude, précisément à l’époque de sa collaboration avec Guino (1913-1918). Il semble que Vollard assista à la prise de vue, ce qui lui permit de corriger Guitry qui confond, dans les commentaires de la version sonorisée (1939), Claude et Jean Renoir – ce dernier était mobilisé et blessé au moment du tournage.