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Mars 2021

EXPOSITION RICHARD GUINO

PORTRAITS DES RENOIR & VENDANGES ART DÉCO
Essoyes, Village des Renoir, du 4 juin au 17 octobre 2021
Commissariat Olivier Le Bihan, assisté de Magalie Duvaux et Frédérique Kirstetter

Commissionnée par Olivier Le Bihan, l’exposition s’articule à l’histoire de la cité champenoise. C’est à Essoyes, village natal d’Aline Renoir, que débuta en 1913 la collaboration de Renoir et Guino – une terre de vignobles où le peintre aimait « paysanner » et où le sculpteur a pu nourrir son inspiration, les scènes dionysiaques ayant représenté l’un de ses thèmes de prédilection. Dans la maison aux décors d’époque finement reconstitués et dans l’ancien atelier, vibrant du souvenir de tant d’aventures artistiques, une sélection d’œuvres est présentée en deux volets : des portraits que Guino fit de Renoir et de sa famille ainsi qu’un choix de ses sculptures, céramiques et dessins des années 1920 célébrant les fruits de la vigne – Champagne oblige !

Affiche de l'exposition "Guino - Vendanges Art Déco - Portraits des Renoir"
Affiche de l'exposition "Guino - Vendanges Art Déco - Portraits des Renoir"

Richard Guino, d’origine catalane, est un artiste aux multiples facettes : il est à la fois sculpteur, décorateur, céramiste, dessinateur et peintre. Cette polyvalence lui permet de comprendre la matière, ses enjeux, que cela soit dans ses projets individuels ou collectifs. Qui mieux que Guino aurait pu collaborer avec le maître de l’Impressionnisme qu’était Renoir, dans le domaine de la sculpture, à Essoyes et Cagnes-sur-Mer ? Collaborer et pas seulement assister tant Guino marque de son empreinte créatrice les sculptures issues de cette fructueuse collaboration.

Richard Guino - Jean Marquis, 1967
Richard Guino - Jean Marquis, 1967

L’AVENTURE GUINO-RENOIR

À la veille de la Grande Guerre, Richard Guino devient l’homme providentiel de ce pari insensé, l’alchimiste qui va permettre de transformer le miel délicat de la peinture en métal précieux. 

La transposition de l’œuvre bidimensionnelle en œuvre tridimensionnelle semble un défi qui relève de la littérature d’anticipation. Guino étudie les modèles, écoute le peintre, invente la sculpture de Renoir, devient le portraitiste de la famille et l’instructeur occasionnel des fils Renoir au métier de céramiste.

Le sculpteur, artiste précoce notamment formé aux Beaux-Arts de Barcelone, s’engage dans ce projet avec la précision technique et toute l’expérience pareillement employée dans son travail d’assistant auprès de Maillol. Sa collaboration avec Renoir ouvre une nouvelle page importante de l’histoire de l’art dont l’histoire de l’art mettra beaucoup de temps à partager le mérite. 

Essoyes accueille aujourd’hui Guino en maître. La cité champenoise célèbre le talent original de ce sculpteur qui a su immortaliser Renoir et son entourage avant de devenir le chantre Art Déco des riantes allégories de la fertilité de la vigne.

GUINO, L’IVRESSE DE LA CRÉATION

Richard Guino poursuit après la guerre une carrière indépendante et inscrit la fraîcheur enjouée de son naturalisme dans le développement du courant Art Déco. Il affectionne les sujets d’inspiration classique et développe une riche polychromie dans l’application de ses recherches figuratives au registre de la céramique monumentale.

Au cours des années 1920-1930, Guino participe à de nombreuses expositions internationales (France, Catalogne, Italie, Japon…) en traitant ses thèmes de prédilection – le nu féminin, le couple, la danse, la musique, la vigne, la maternité, l’enfance… – par le biais de médiums variés – faïence, bois, ivoire, terre cuite ou bronze… – explorant inlassablement la composition des volumes dans l’espace, la texture et les coloris des matériaux.

Vase avec anses en grappes de raisin - Richard Guino, c. 1920
Vase avec anses en grappe de raisin et bas-relief danseuse au tambourin, c. 1920

Œuvres exposées “Portraits des Renoir” :

Trois portraits de Renoir en médaillons, céramiques, 1913
– Renoir, lithographie, c. 1913
Claude Renoir Junior, profil, faïence émaillée, 1916
Claude Renoir Junior, buste, plâtre, 1916
Étude de Maternité, Renoir-Guino, bronze, 1916
Renoir peignant, bronze, 1916-17
Paul Renoir, profil, faïence émaillée, 1927

Renoir - Richard Guino, 1913
Renoir, 1913

Œuvres exposées “Vendanges Art Déco” :

Satyre et bacchante à la grappe de raisin, crayon et lavis, 1917
Bacchus à la grappe de raisin, bronze, 1918
Femme à la corne d’abondance, crayon, encre et sanguine, c. 1919
– Musicien à la flûte de pan et grappe de raisin, plaquettes en faïence émaillée et bronze, c. 1919
Vase aux anses en grappes de raisin, faïence émaillée, c. 1920
Couple de femmes aux grappes de raisin, sanguine, 1920
Couple bacchante et satyre aux grappes de raisin, sanguine, 1920
– Les Raisins, terre cuite, 1921
– Femme à la corbeille de fruits et grappe de raisin, faïence émaillée, 1922
– Pendule aux fruits, faïence émaille, 1924
– Femme marchant à la corbeille de fruits et draperie, faïence émaillée, 1924
Automne, bronze, fonte à la romaine, 1925
Tête de femme aux pampres, monotype sur parchemin, 1928
Bacchante aux grappes de raisin, bas-relief en ébène, 1929
– Danseuse à la grappe de raisin et draperie, plâtre, 1933
Enfant tenant une grappe de raisin, faïence émaillée, 1934

Juillet 2020
EXPOSITION JEAN RENOIR

JEAN RENOIR, FRUITS DE SAISON
Essoyes, Maison Renoir, du 24 juillet au 8 novembre 2020
Commissariat Olivier Le Bihan, assisté de Magalie Duvaux et Frédérique Kirstetter

Avant de devenir un cinéaste de renom et le chroniqueur d’une extraordinaire saga familiale, Jean Renoir a produit, entre 1919 et 1923, des dizaines de céramiques, marchant dans les pas de son illustre père. Ces réalisations méconnues ont lancé sa carrière artistique. Un ensemble provenant des collections françaises, publiques et privées, est présenté dans l’écrin restauré de la maison familiale des Renoir, à Essoyes.

Portrait de Jean Renoir - Richard Guino, c. 1913-1917
Portrait de Jean Renoir en médaillon - Richard Guino, 1913-1917

Si l’on connaît aujourd’hui l’apport original de Guino à l’œuvre qu’il sculpta avec Renoir pour le compte de Vollard (1913-1918), on sait peut-être moins le rôle qu’il a joué dans l’éveil à  la pratique de la céramique des fils du peintre, Claude, Pierre et Jean, à la faveur de séjours à Essoyes et Cagnes-sur-Mer qui se prolongent jusqu’en 1926.

Le verger familial fournit l’essentiel de l’inspiration et compose, avec ses motifs de treilles, d’arbustes palissés et sa profusion de pommes, poires, raisins… l’allégorie d’une abondance infiniment renouvelée, à l’exemple des généreuses cornucopia (corne d’abondance) regorgeant de fruits de saison dont Guino garnissait ses pièces historiées.

L’exposition permet de découvrir, à travers les œuvres de Jean Renoir céramiste et l’évocation de l’atelier de céramique des Collettes, cette page inédite d’une aventure artistique, familiale et amicale exceptionnelle.

Allégorie de l’Abondance tenant une cornucopia remplie de fruits - Richard Guino, c. 1924-25
Allégorie de l’Abondance - Richard Guino, c. 1924-1925

Œuvres de Guino exposées :
– Portrait de Jean Renoir en médaillon, 1913-1917
– Allégorie de l’Abondance, c. 1924-25

Mars et Novembre 2020 / conférence reportée en raison de la crise sanitaire
CONFÉRENCE d'EMMANUELLE HÉRAN

“Renoir sculpteur, une histoire singulière”

Conférence donnée par Emmanuelle Héran à l’occasion de la célébration du centenaire de Renoir par la ville de Limoges et l’acquisition, par le musée des Beaux-Arts, d’une sculpture de Renoir-Guino, Étude de la Maternité, ainsi que d’un portrait de Renoir par Guino (cf infra).

Emmanuelle Héran, conservatrice en chef du patrimoine responsable des collections des jardins du Louvre et des Tuileries, est spécialiste de la sculpture du XIXe et du début du XXe siècle. Conservatrice des sculptures au musée d’Orsay puis chargée de la programmation des expositions au Grand Palais, elle est l’auteur de nombreux articles et ouvrages et a assuré le commissariat d’expositions, parmi lesquelles “Le Dernier Portrait”, “Rodin/Carrière”, “Renoir au XXe siècle” et “Beauté animale”.
Novembre 2019
MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE LIMOGES

Un portrait de Renoir par Guino et une sculpture Renoir-Guino, Étude de la Maternité, rejoignent les collections du musée des Beaux-Arts de Limoges, ville natale du peintre célébré à l’occasion du centenaire de sa mort.

Durant la période de leur collaboration à Essoyes et Cagnes-sur-Mer (1913-1918), Guino a réalisé de nombreux portraits de Renoir et de ses proches, dont il partageait la vie de famille. Dans ce profil se perçoit cette proximité : le jeune artiste représente avec douceur la fatigue liée à l’âge, mais aussi la force de volonté d’un maître qui n’a rien perdu de sa soif créatrice.

En juin 1915 meurt Aline Renoir. Pour honorer la mémoire de son épouse, le peintre demande à Guino de la représenter en s’inspirant d’une étude où elle donne le sein à son bébé. 

Cette commande est singulière au sein de l’œuvre commune pour avoir été passée par Renoir à Guino sans l’intermédiaire de Vollard. Le peintre offre l’une de ses toiles au sculpteur, qui crée cette ébauche, puis la sculpture Maternité et le buste Madame Renoir, dont un tirage en bronze ornera la tombe d’Aline.

L’œuvre en volume restitue la tendre simplicité de la peinture et son caractère ébauché fait écho à la fraîcheur du portrait que fit Renoir de sa femme alors qu’elle allaitait leur premier-né, Pierre.

La maternité est l’un des thèmes de prédilection de Guino, qu’il déclinera notamment sous forme monumentale (voir Œuvre-Vie).

Mai 2019
MISE EN LIGNE DU SITE richard-guino.com

Le site est développé par les descendants de Richard Guino pour mettre à la disposition du public et des chercheurs une base de ressources documentaires dédiée à son œuvre et contribuer à recueillir des informations.

La synthèse présentée s’appuie sur les travaux d’inventaire et de divulgation menés par la succession Richard Guino ainsi que sur les recherches développées par critiques et historiens de l’art (voir Ressources).

ACTUALITÉS

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Décembre 2018​
VENUS VICTRIX AU MUSÉE D'ORSAY

Renoir et Guino se dédièrent d’abord à la création d’une Vénus, la déesse victorieuse du Jugement de Pâris. Renoir avait peint à plusieurs reprises la scène mythologique de l’élection de Vénus, s’inscrivant dans une tradition largement explorée par de nombreux artistes depuis l’Antiquité.

Par sa monumentalité, la grande Vénus de Renoir et Guino se mesure à cette histoire, par la rupture qu’elle opère avec l’académisme et l’expressivité rodinienne, elle participe au renouveau de la sculpture moderne et résonne avec les sculptures de Maillol, pour lequel Guino avait intensément travaillé durant les années 1910-1912 (voir Œuvre-vie).

Le plâtre de Venux Victrix, à partir duquel ont été réalisées les épreuves en bronze se trouvant aujourd’hui dans les plus prestigieux musées du monde, intègre les collections du musée d’Orsay à Paris. L’un de ces tirages en bronze, don d’Ambroise Vollard à la ville de Paris, est conservée au musée du Petit Palais.

Venus Victrix - Renoir-Guino, 1914-16
Venus Victrix
Auguste Renoir et Richard Guino, 1914-16
Octobre 2016​
À L'OCCASION DE L'EXPOSITION Chtchoukine...​

Grâce à une photo de l’une des salles d’exposition du Musée national d’art moderne occidental de Moscou – l’ancien palais Morozov où furent rassemblés, entre 1923 et 1948, les chefs-d’œuvre des collectionneurs russes Chtchoukine et Morozov – une œuvre de Guino, qui voisine avec des sculptures du Cycle des saisons de Maillol (Flore et Printemps) et des peintures de Matisse, a été identifiée puis localisée.

Ce marbre, Torse de femme, n’était connu que par une autre photographie conservée dans les archives familiales, où l’on voit Guino travailler dans son atelier. L’œuvre, aujourd’hui conservée au musée Pouchkine de Moscou, a été acquise par Ivan Morozov auprès de Vollard en 1913. Guino a travaillé aux côtés de Maillol (1910-12) pour la création des nus monumentaux du Cycle des saisons, une commande du même Morozov.

Cette découverte en a entraîné une autre, le collectionneur russe, grand amateur d’art moderne, ayant également fait l’acquisition d’une Maternité en terre cuite, aujourd’hui conservée au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg. Il s’agit de l’un des thèmes de prédilection de Guino, qu’il a ultérieurement exploré en diverses matières et dimensions (voir Maternité, œuvre monumentale, 1920).

Deux œuvres de Richard Guino, Torse de femme et Maternité, acquises par le collectionneur Ivan Morozov et conservées en Russie, redécouvertes grâce à l’exposition “La collection Chtchoukine” (Paris, Fondation Louis Vuitton, 2016)

Juillet 2016​
GRANDE BAIGNEUSE AU MUSÉE HYACINTHE RIGAUD

L’une des œuvres monumentales de Guino, créée en 1915 (durant la période de sa collaboration avec Renoir) est confiée en dépôt au musée des Beaux-Arts de Perpignan, en Catalogne.

Guino explore le motif classique du nu féminin à sa toilette et offre un hymne à la sensualité empreint de douceur, qui rappelle l’Aphrodite accroupie du Louvre. La ligne de composition torsadée rythme les volumes d’un corps dévoilant ses profils tel un paysage vallonné, à travers effets de creux et de pleins, jeux d’ombre et de lumière.

L’œuvre, au musée Hyacinthe Rigaud, voisine avec Torse du Printemps de Maillol, une sculpture dont l’historienne de l’art Ursel Berger a établi qu’elle avait été créée par Guino dans son propre atelier de la rue Daguerre, alors qu’il assistait Maillol. Cette information trouve sa source dans le journal du comte Kessler, mécène et collectionneur, passionnant témoin de la vie artistique de son temps (voir Bibliographie).

Grande Baigneuse, ou Femme agenouillée à sa toilette - Richard Guino, 1915
Grande Baigneuse, 1915